 Note d’intention
« Un sentiment de déchéance nous déprime, si nous opposons au déchaînement sans mesure, à l’absence de peur, le calcul. Nous le savons pourtant, nous n’accédons pas vite à la richesse de la possibilité. Comme la vengeance – ce plat qui se mange froid – la connaissance, éblouie, mais claire de nos richesses veut l’apaisement de la violence, la froideur relative des passions. Des hommes ne viennent à bout de leurs possibles qu‘en deux temps. Le premier est celui de leur déchaînement, mais le second celui de la conscience. Nous devons évaluer ce que dans la conscience nous perdons, mais nous devons, dès l’abord apercevoir qu’à la mesure de cette humanité qui nous enferme, la clarté de la conscience signifie le refroidissement. Liée à la conscience, nous mesurons la déchéance inévitable… Ce principe n’est pas moins vrai : nous ne pouvons faire de différence entre l’humain et la conscience… Ce qui n‘est pas conscient n’est pas humain. Il nous faut faire place à cette nécessité première. Nous ne pouvons être, nous ne pouvons vivre humainement qu’à travers les méandres du temps : seul l’ensemble du temps compose et complète la vie humaine. La conscience à l’origine est fragile – en raison de la violence des passions ; elle se fait jour un peu plus tard en raison de leur accalmie. Nous ne pouvons mépriser la violence, nous ne pouvons nous rire de l’accalmie. » Les larmes d’Éros, George Bataille.
Les larmes d’Éros est le titre d’un ouvrage de George Bataille faisant suite à un ouvrage précédent ayant pour titre : L’érotisme.
Ces deux ouvrages portent l’empreinte d’une réflexion littéraire, spirituelle et iconographique situant l’érotisme face à la mort. Depuis plusieurs années, Thierry Duirat-Elia et Pascal Marquilly ont multiplié les occasions de collaborations artistiques.
La lecture des Larmes d’Éros a déclenché un désir de création commune.
Il s’agit de faire coïncider deux univers créatifs, l’un puisant dans la culture populaire les conditions de la mise en scène du corps dans l’espace scénique et l’autre intégrant à la scène une production iconographique et littéraire.
Les larmes d’Éros nous emporte dans un voyage érotique où l’œil, l’écoute et en fait tout les sens nous portent loin.
Face à l’inconnue, nous subissons les assauts de la raison tout autant que l’excitation démesurée des sens.
Nous rencontrons la jouissance et l’horreur, le corps et la pensée se révoltent et se soumettent et se mêlent en nous la puissance de l’être et son inconsistance. C’est ce voyage que nous souhaitons partager, en vous présentant une première étape de notre exploration de l’œuvre.
Projet
L’adaptation du texte de Bataille est pensée pour un déploiement scénique avec un danseur, une voix et un steadycameur. Le dispositif scénographique repose sur un ensemble d’écrans éphémères disposés sur scène, apparaissant et disparaissant, conférant à l’image projetée une dimension fantomatique, immatérielle, insaisissable. Tout comme le corps se cache du regard, ou s’y montre dans la nudité, la scénographie expose cette tension érotique où ce qui est vu tant à disparaître, où ce qui se dévoile tant à se dérober. Ces écrans sont composés d’eau, de sable, de papier et de tulle noire fine. La recherche chorégraphique est liée d’une part à l’iconographie présente dans le texte de Bataille et d’autre part, par l’intermédiare de la relation avec le steadycameur, aux parties de corps ou à l’ensemble du corps filmé dans le vif du mouvement dansé. Les images projetées proviennent de la réalisation en direct (captation par le steadycameur) et de films réalisés au préalable.
Planning de travail
A la suite de résidences au Théâtre du nord - Lille (décembre 2009) et au Bateau Feu - Scène nationale de Dunkerque (janvier 2010), deux premières présentations publiques d'étape de travail ont eu lieu lors du Festival Corps Furieux à Dunkerque (26 et 27 janvier 2010).
Une nouvelle résidence à Danse à Lille - Roubaix (janvier 2011) a donné lieu à une présentation d'étape de travail (19 janvier 2011) et deux autres résidences se sont déroulées au Bateau Feu - Scène nationale de Dunkerque (novembre/décembre 2010 et janvier/février 2011).
Diffusion
Cette création a été présentée pour la première fois lors du Festival Corps Furieux, au Bateau Feu - Scène nationale de Dunkerque les 16 et 17 février 2011.
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genre
Création transdisciplinaire – Chorégraphie, vidéo, arts plastiques
année
création 2011
équipe de création
chorégraphie Thierry Duirat-Elia interprètes Thierry Duirat-Elia et Sophie Boulanger composition musicale Rodolphe Collange réalisation et montage image Pascal Marquilly régie vidéographique Benoît Hénon régie générale David Hazebroucq décoratrice, scénographe Anne Legroux chef opérateur Eric Alirol
équipe de diffusion
Merci pour leur accueil au Théâtre du Nord et à Danse à Lille
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production
Groupe anonyme / Cie les sangs cailloux
co-production
Le Bateau Feu, scène nationale de Dunkerque - La Piscine, Atelier Culture Université du Littoral.
projet subventionné par
Ville de Lille - la DRAC Nord Pas-de-Calais - La région Nord Pas-de-Calais.
dossier de présentation
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